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Point positif : 7 jeunes entrés en 2 nde professionnelle sur 10 accèdent au bac pro. Il est mis en évidence l’augmentation du taux de réussite du bac pro 3 ans par rapport à celui du bac pro 4 ans.
Il faut relativiser ces chiffres car la formule 4 ans permettait aux élèves titulaires d’un BEP d’accéder à des passerelles pour s’orienter vers la voie technologique et d’obtenir également un bac.
Sur le contenu de la formation et les compétences visées, le SNUEP-FSU avait alerté le ministère dès la mise en place de la réforme de la voie professionnelle en dénonçant la baisse inévitable du niveau que cela engendrerait, des conditions d’études plus difficiles pour les élèves et des conditions de travail dégradées pour les enseignants.
Lors d’une audition devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, le 14 juin dernier, notre ministre a reconnu que la réforme du bac professionnel "ne s’est pas faite dans de bonnes conditions" et que cette réforme a laissé aux enseignants de LP "une charge de travail surhumaine" car les programmes n’ont pas changé. Elle pense qu’il faut "adapter les programmes, les enseignements et les diplômes à ce qu’on est capable de faire en trois ans".
Nous sommes satisfaits que notre Ministre partage notre analyse de départ même s’il lui a fallu 7 ans pour y arriver.
Mais lorsque qu’elle déclare que malgré ces conditions de mise en place, cette réforme va "dans le sens de la valorisation" de la voie professionnelle et souligne la hausse de la réussite au bac des bacheliers professionnels tout en concluant qu’il n’y aura pas de retour à un bac pro en 4 ans, nous ne pouvons qu’être en désaccord.
La réécriture des référentiels allégeant le contenu et supprimant dans de nombreux bacs pros la partie « étude » va diminuer fortement le nombre et le niveau des compétences que les élèves doivent acquérir.
La réforme du bac pro qui a provoqué une économie substantielle de moyens avec la suppression de 25% du nombre de PLP avec le passage de 4 à 3 ans va réussir le tour de force en allégeant les contenus de formation de transformer le bac pro actuel en BEP d’il y a 20 ans et donc d’augmenter d’un an la durée de cette formation en créant de fait le BEP 3 ans. Quelle économie, quelle ambition pour la jeunesse et au-delà pour le pays !
Le prochain projet académique réservera peut-être une place plus importante à l’enseignement professionnel public, en tout cas nous le souhaitons. Il faudra alors résoudre une difficile équation entre baisse des contenus et élévation du niveau de qualification.