syndicat, éducation, enseignement professionnel, SNUEP, FSU, académie de Orléans-Tours, lycée professionnel, PLP, Orléans, Tours
c’est un système de formation discriminatoire, la meilleure insertion des apprentis est discutable (la part d’apprentis dans notre région la place au 4ème rang national, or le chômage des jeunes y est supérieur à la moyenne nationale), les ruptures de contrats bien supérieures au décrochage scolaire, le taux de réussite aux examens inférieur à ceux de la voie scolaire et financièrement un apprenti, tous niveaux confondus, coûte en moyenne plus cher qu’un lycéen !
C'est la conjoncture économique qui pousse les jeunes et les familles vers l'apprentissage, attirés par la rémunération. Or, c'est cette même conjoncture économique qui explique en partie la baisse des signatures des contrats d'apprentissage avec aussi le redécoupage en trois ans du bac professionnel. C’est d’autant plus étonnant que c’est à l’initiative des organisations patronales que la durée de formation sur 3 ans de ce diplôme a été généralisée dans la précipitation. Outre la déprofessionnalisation des formations, la fragilisation des diplômes que cela a entrainé, comment ont-elles pu oublier que la troisième année de formation impliquait un salaire plus élevé pour les apprentis ?
On voit bien là les limites du système qui sert à répondre aux besoins des entreprises et qui crée de la frustration et de l'échec chez les jeunes.
Pour répondre à ce problème, on nous vante la mixité des parcours : la seconde sous statut scolaire, la première et terminale en apprentissage. On voit bien l’intérêt d’un tel dispositif pour les entreprises, par contre il est beaucoup moins évident pour les jeunes d’un point de vue pédagogique.
Il serait grand temps de ne plus considérer les jeunes comme une variable d’ajustement permettant aux entreprises de passer des caps difficiles dans la tempête économique mais de se doter d’un véritable projet éducatif en vue d’élever le niveau de qualification de tous les jeunes.
Ce projet ne peut être conçu que par l’Éducation Nationale, chacun son métier ! Que les entreprises produisent, c’est leur raison d’être, l’Éducation Nationale se chargera de la formation.
Les structures d’accueil n’évoluent pratiquement pas en LP et dans le même temps le nombre d’apprentis diminue fortement (2000 en 2 ans sur l’académie). On voit bien les limites de l’exercice sur la promotion de l’apprentissage. Les jeunes qui ont choisi la voie professionnelle se tournent vers les LP (ce qui explique l’écart très positif sur les dernières rentrées entre prévision et constat). Comme les LP sont dotés à la structure, la seule solution est d’orienter les jeunes sans solution vers les lycées qui eux sont dotés aux effectifs. On oriente donc par défaut de nombreux jeunes vers une formation qu’ils n’ont pas choisis. Comment alors s’étonner que le décrochage et la démotivation des élèves soient en augmentation. Au mieux, après un échec en seconde générale, ces jeunes sont réorientés en 1ère bac pro où ils rencontrent des difficultés dans les matières professionnelles. Encore une orientation par l’échec et une cause de décrochage !
Nous remercions la DOS d’avoir optimisé les moyens alloués aux LP en créant 19 postes de PLP, mais qui ne suffiront pas à compenser les pertes de moyens antérieures, d’autant plus que près de 500 élèves supplémentaires sont encore attendus dans les LP à la prochaine rentrée. Les conditions d’études pour les jeunes et de travail pour les personnels vont continuer à se dégrader.
Les élèves de LP ont besoin d’enseignants formés, or 16,5 % des emplois de PLP sont occupés par des précaires, cette proportion monte à 36 % en EREA et pire à 49,6 % en SEGPA.
Le typage des postes en SEGPA implique que l’enseignant soit titulaire du 2CASH. Cette formation est lourde et demande un fort investissement de la part des personnels. Un bon moyen de rendre plus attractifs les postes en SEGPA serait de reconnaître l’effort fait par les enseignants titulaires du 2 CASH en leur octroyant une compensation indiciaire.